Introduction aux inséminations artificielles

breathe

A ce stade là, on arrive à 2 ans. 2 ans d’essais qui ne marchent pas. 2 ans qu’il ne se passe finalement rien. J’ai le souvenir très fort d’avoir été très vite dépossédée de mon corps. Il appartient à la médecine et je leur demande de mettre un bébé dedans. Peu importe ce que ça veut dire pour moi, peu importe ma santé. 

Après l’opération j’ai le sentiment que mes douleurs s’estompent. Mes règles arrivent rapidement après et la douleur, même si encore présente, est nettement plus supportable. Miracle, elle passe même avec simplement de l’ibuprofène. Les habitudes restent toutefois ancrées : on ne va pas entamer ces 6 mois de repos médical comme une chouette promenade en forêt. Non, je veux planifier et rester concentrée.

Les croix sur le calendrier ne disparaissent pas, je calcule tant bien que mal les jours J pour la conception et hors de question d’en rater un seul. Parfois, je me dégoutte. J’ai l’impression de mentir au Mec pour qu’on couche ensemble, de devoir faire semblant pour en avoir envie et donc qu’il en ai envie lui aussi. Evidemment que j’en ai envie, mais juste pas comme ça. Pas avec cet impératif de la baise utile. Surtout je me sens seule car je ne veux pas en parler et surtout pas au Mec. Je ne veux pas lui faire de la peine et surtout je veux que tout paraisse le plus naturel possible alors plus les mois passent, plus je me sens dévastée.

Je ne considère pas mon infertilité comme un tabou, au contraire j’en parle assez facilement et ouvertement. Pourtant même avec mes amies proches j’évoque que très superficiellement cet aspect de la PMA, ce que ça peut faire au couple. C’est le seul moment où j’ai la sensation d’être jugée, que le poids de la société est trop lourd et que je n’ai pas les épaules pour me défendre.

3/4 mois après l’opération, les douleurs reviennent. La fatigue chronique, elle, n’était jamais partie mais se fait de plus en plus pesante. J’ai la sensation que mon corps est en état d’urgence, que si je ne suis pas enceinte rapidement il faudra prendre une décision radicale. Je ne veux pas laisser un organe être détruit par les lésions et je ne veux plus être dans cet état. Je tourne en rond, je suis en boucle et évidemment il m’est beaucoup plus facile de me laisser aller que de voir le positif.

Je retourne chez Doc D. en Octobre. Il a comme un air désolé et commence à évoquer ces couples qui n’y arrivent jamais pour des raisons inconnues. Il me propose tout de même de commencer les inséminations artificielles et là il y croit dur comme fer.

Parfait, moi je suis en guerre.

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